La santé des dirigeants, actif intangible de l’entreprise (O. Torrès)
Dans une étude de perception CSA pour Malakoff Humanis menée en 2021, 78% des dirigeants étaient convaincus que la santé de leurs salariés était en relation étroite avec la performance de leur entreprise.
Mais qu’en est-il de l’impact de leur propre santé ?
Il apparait que la question de la santé du dirigeant est souvent négligée par les principaux intéressés alors qu’elle reste aussi intimement liée à celle de leur entreprise. Or, non seulement « la santé du dirigeant est un actif intangible de l’entreprise » mais « plus la taille de l’entreprise est petite, plus le risque lié à un incident de santé est grand » écrivait déjà O.Torrès en 2012.
Charité bien ordonnée commence par soi-même
Dans le cas de la santé des dirigeants d’entreprise, cet adage n’a jamais eu autant d’importance mais reste souvent peu appliqué. Quelles que soient les raisons, les dirigeants ont tendance à négliger leur santé, et à la remettre entre les mains du hasard.
Or, une mauvaise gestion de sa santé peut s’avérer un réel risque pour la santé de l’entreprise.
Une enquête Opinionway pour MMA Fondation entrepreneurs, menée auprès de 1512 dirigeants de TPE, PME et ETI en 2022, a montré que même s’ils se déclarent en bonne santé, 7 dirigeants sur 10 présentent des symptômes physiques, notamment au niveau du dos, des articulations ou encore du sommeil, avec un nombre moyen de troubles de 2,4.
6 dirigeants sur 10 consultent un médecin uniquement quand le problème médical est physiquement présent, 1 sur 10 ne voit jamais de médecin quel que soit son état.
1 dirigeant sur 3 reconnait avoir déjà renoncé à consulter un médecin au cours des 12 derniers mois par manque de temps, pour privilégier son activité, car il s’automédique, parce que son état de santé n’est pas sa priorité actuelle ou encore par exemplarité vis-à-vis de ses collaborateurs.
Enfin, 1 dirigeant sur 4 a renoncé au suivi de sa santé au profil de sa carrière professionnelle.
Dans l’étude de perception CSA pour Malakoff Humanis, environ 1 dirigeant sur 10 s’était vu prescrire un arrêt de travail pour maladie mais un tiers d’entre eux a continué à travailler pour privilégier l’activité de son entreprise.
Toutes les études menées auprès de cette catégorie professionnelle confirment qu’il reste du chemin à parcourir pour que l’importance et l’impact de sa santé sur le fonctionnement de l’organisation qu’elle dirige soient pleinement intégrés.
Il est donc essentiel que la question de la santé mentale et physique du dirigeant soit être prise en compte et protégée au même titre, que celle de ses salariés.